Yan Wagner a bien souvent interrogé le temps : ce qui a été, ce qui ne s’est pas passé, ce qui pourrait être. Il y a d’abord eu son premier album, Forty Eight Hours, sombre, mystérieux. This Never Happened, plus lumineux. Puis Couleur Chaos, aux influences disco, chanté en Français. Avec Æther, Yan Wagner revient plus libre et plus audacieux. Un projet brut, rock, doux comme tranchant, qui revient à ses premiers émois musicaux des années 90 : la jungle, la Drum’n’Bass comme ses écoutes de Chemical Brothers ou Massive Attack. Avec Scott Walker et Black Star de David Bowie en guides, ses palettes sonores comme sa voix toujours aussi énigmatique et impalpable, Yan Wagner confirme une nouvelle fois avec Æther être l’un des visages les plus singuliers de la scène alternative française.
Voila dix ans qu’Il Est Vilaine allument les dancefloors avec un son électro teinté de rock salace qui évoque plus le New York des Bush Tetras ou le Tokyo de YMO que les galettes de Pont Aven. C’est bien à Paris et non à Saint-Malo que les deux comparses se sont rencontrés et de là que, dans la lignée de l’écurie Kill The DJ avant eux, ils renouvellent la synthèse de la new wave et de la techno, de la disco et du surf rock pour le bonheur de ceux qui dansent (encore) comme Ian Curtis.